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Posté le - INTERVIEWS

ITW BENJAMIN KAISER CLERMONT

 

Benjamin, avec beaucoup de chauvinisme, on entend très souvent les supporters français dire que le TOP 14 est le championnat du niveau le plus élevé de l'hémisphère nord (quand ce n'est pas du monde). Le fait d'avoir trois clubs français qualifiés (Clermont, Toulon et le stade Français) dans les deux plus grandes compétitions de cet hémisphère nord (H-Cup et Amlin Challenge Cup) n'en est-il pas la preuve ?

Je pense que ça en est absolument la preuve. Ce qui est un peu dommage dans ces cas-là c'est de se rendre compte que l'équipe nationale ne reflète pas encore ce niveau de performance des clubs, c'est l'évidence. Le constat est fait depuis des années qu'en France nous avons une politique de clubs, pas une politique nationale. Dans ces compétitions qui demandent tellement d'expériences, et pour avoir des squads où les postes sont multipliés par trois, il faut une puissance financière et une attractivité dans le championnat incroyable, c'est ce qu'a réussi à faire le TOP 14. Malheureusement c'est souvent lié à des indices économiques qui ont réussi à faire que le championnat anglais c'est un petit peu affaibli quand l'Angleterre a subi la crise plus que la France. On voit bien que maintenant la destination numéro un (qui pouvait encore être contestée par ce championnat anglais il y a encore quelques années) c'est le TOP 14 pour toutes les stars internationales qui ont envie maintenant de quelque chose qui est grand. Il y a aussi plus de clubs qui peuvent se permettre de recruter plus de joueurs internationaux. Avant il y avait deux trois clubs phare qui pouvaient attirer ces joueurs. Maintenant il y en a huit. C'est évidemment un beau reflet pour le TOP 14, c'est un championnat qui est absolument extraordinaire à jouer, même si en tant que joueur on se plaint des cadences infernales, on ne peut pas jouer tous les matchs, mais en tous cas, toutes les semaines on a la chance de jouer dans des stades qui sont pleins, exemple Bordeaux qui a joué huit fois cette année à Chaban Delmas, c'est monstrueux. Je pense qu'il y a quelques années ça aurait été impensable, peut-être même en début d'année. Rien que pour ça, on est quand même très chanceux de jouer dans le championnat qui est le meilleur du monde et pourvu que ça dure.

Après le match contre le Munster, tu as déclaré que "des matchs comme celui-là, c'était des matchs qui ne sont pas pareils" que ceux du TOP 14, ajoutant que "des matchs comme ça on ne peut pas en jouer tous les week-end". Pourtant sur cette vidéo, tu n'es pas marqué par la fatigue, pas essoufflé, tu as les idées claires (comme d'habitude), cela tient certainement à ton hygiène de vie de sportif de haut niveau et à ta préparation physique. Peux-tu nous dire les règles que tu t'imposes dans ces domaines ?

Je ne suis pas du niveau de Jonny Wilkinson, ça c'est sûr d'après ce que j'entends. Sur cette interview, il y avait vraiment la victoire et le bonheur procuré par cette grande victoire de tout un groupe qui a su me donner encore un petit peu d'énergie, mais c'est vrai que la densité physique de cette bataille a été assez phénoménale, de l'intensité comme ça c'était vraiment du niveau international je pense. Il y a vraiment un cercle vicieux dans le niveau du très très haut niveau, on n'est pas particulièrement fliqué, mais quand on sait que si on a envie de jouer dans des grands clubs il faut être particulièrement ambitieux, et il faut s'en donner les moyens et si on a envie de jouer il faut être bon et s'autodiscipliner. Je fais de temps en temps quelques écarts après les matchs, mais dans la semaine, j'essaie d'être un peu intelligent et de me rendre compte quand je peux faire des écarts ou pas, quand je dois me focaliser sur des cycles de trois semaines de préparation pour arriver au mieux à des grands matchs. Ce qui est sûr, c'est que si ça fonctionne bien à l'ASM, c'est que nous avons un groupe de trente-cinq mecs qui a su faire des sacrifices à certains moments, qui a quelques fois des rappels à l'ordre, qui ne viennent pas des coachs, mais des joueurs cadres de l'équipe ("bon les gars, ça serait mieux de lever un peu le pied sur la fête pour nos échéances dans quinze jours"), faisons un effort collectif, et à chaque fois on est récompensé,. De mon côté, j'essaie de faire attention à ce que je mange et j'essaie de limiter mon goût pour la fête. 

 

Clermont va entrer dans six semaines particulièrement difficiles, peut-être les plus difficiles de cette saison : Après cette demi-finale très dure contre le Munster, vous recevez l'Union BB, puis vous avez un weekend sans match pour cause de quart de finale entre Toulouse, Castres, Le Racing et Montpellier, puis WE de finale de la H-Cup contre Toulon, puis demi-finale du TOP 14 et je vous le souhaite, le samedi 6 juin pour clôturer cette saison, la finale pour le Brennus au stade de France. Cinq matchs en six semaines, dont quatre au plus haut niveau. Vous risquez vous comme Toulon de jouer vos demi-finales sans avoir pu totalement récupérer de la finale de la H-Cup et ainsi de perdre face à des adversaires qui eux auront eu un WE de repos avant. Comment faire quand on est entraineur pour gérer ces moments ?

Bien évidemment, c'est le revers de la médaille pour notre grand parcours en Coupe d'Europe pour l'instant qui nous a amené jusqu'en finale, mais l'année dernière on a vécu la situation inverse, on avait perdu en demi-finale, et moralement nous étions très marqués parce que nous avions pris un sérieux coup derrière la tête. On y a mis beaucoup de cœur et beaucoup d'envie, on est arrivé sur une dynamique archi positive malgré qu'on se soit cassé les dents contre une grosse équipe du Leinster. Après ça on avait eu trois semaines pour préparer un match du TOP 14. Alors on se plaint toujours que l'on joue trop, qu'on enchaine trop les matchs, mais là, pour moi je pense que ces trois semaines avaient plutôt eu un effet néfaste. Autant on avait eu le temps de se préparer physiquement, autant dans l'intensité et dans les automatismes d'un match de haut niveau, il n'y a rien de tel que d'enchainer les matchs. Donc là on est un petit peu entre les deux cas, autant pour nous par bonheur on a réussi à faire un bon parcours en TOP 14 ce qui nous enlève ce quart de final, jouer ce quart de finale aurait été impossible à gérer je pense. Enchainer une finale de Coupe d'Europe avec une demi-finale de TOP 14, ça va être je pense quelque chose d'extraordinaire, je ne suis pas le coach, et ce n'est pas moi qui décide, mais je suis persuadé que l'ensemble du groupe sera mis à disposition pour ces deux matchs parce qu'on a la chance d'avoir un groupe très homogène, qui travaille très bien ensemble depuis un an et demi, et qui a de grands objectifs. Je pense que ça sera quasiment impossible d'enchainer les deux matchs avec la même équipe. On croit en tout le monde, et on pense qu'à trente-cinq on est capable de faire de grandes choses, donc l'ensemble du groupe sera mis à l'œuvre.

 

Comment vois-tu ce match contre l'Union BB  samedi  prochain ?

C'est notre dernier match à domicile cette saison, c'est un match qui est pris très au sérieux par le groupe. On a fait un super parcours en championnat grâce à un groupe de trente-cinq mecs qui a bossé très dur depuis le début de l'année, voire depuis l'année dernière. Il y a beaucoup de choses qui rendent ce match très particulier : 

•Ca va être la dernière répétition avant cette fameuse finale de Coupe d'Europe, donc on a encore beaucoup de choses à régler, on a envie de travailler très très fort pour être très au point dans trois semaines,
Ca va être le dernier match à domicile pour certains gars qui vont nous quitter,
Et il y a un record d'invincibilité à domicile non pas à égaler, c'est fait, mais à battre cette fois,

Donc ça fait qu'on est très motivé pour ce match, surtout que nous avons un immense respect pour ce qu'a réussi à faire Bordeaux cette saison, Vern Cotter le disait très justement ce matin "sans doute une des plus belles organisations offensives de tout ce TOP 14 depuis début janvier"
On va vraiment essayer de faire un grand match pour continuer dans cette bonne dynamique, continuer à travailler pour se régaler devant notre public. Encore un grand match qui nous attend où on va tacher de faire encore mieux pour arriver fin prêt pour la suite.

 

Merci Benjamin, félicitations pour cette année  exceptionnelle, et bon match samedi.

 


Jacques

 

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